La révélation : Comment s’en mettre plein les yeux ?

Me revoici sur ce blog après un long silence dont je vais vous révéler les raisons. Autant vous le dire tout de suite, cet article sera éminemment différent des autres, plus personnel et en décalage avec le propos habituel. Néanmoins, le rapport entre ce sujet, les raisons de ce silence et ce blog vous sautera assez vite aux yeux. Voici donc, sans plus attendre, l’explication de mon silence, nullement le reflet d’une démission de ma part quant au plaisir d’écrire, ni d’un désintérêt pour mes lecteurs. 

Il y a quelques mois, vaquant innocemment à des petits travaux de jardinage, je me suis attaqué à l’élagage d’une haie bien trop envahissante pour être honnête. Et cette félonne aux branches hérissées d’épines ne s’est pas laissée faire. Profitant d’un instant d’inattention de ma part, elle tenta, avec grand succès, de neutraliser son assaillant d’un coup bien senti au visage. Hélas, ses espérances furent sans doute dépassées, car si m’éloigner était son but, je ne peux imaginer qu’une plante puisse vouloir tant de mal à un humain.

La prunelle de vos yeux représente votre bien le plus précieux

La prunelle de vos yeux

La pointe d’une branche acérée se ficha bien droit dans mon oeil gauche, m’obligeant à battre en retraite sur-le-champ (de bataille ?) et déclarer forfait.

Je ne vous étalerai pas ici la succession de douleurs, traitements et autres horribles conséquences de cet accident d’autant plus stupide qu’il était prévisible et que partir au combat sans bouclier dénote un amateurisme évident de ma part.

S’en est suivi un chômage technique total de plusieurs semaines, suivit de mois de remise en activité difficile, la vision brouillée ne permettant pas d’exécuter une tâche, quelle qu’elle soit, de manière optimale. Et lorsqu’on estime avoir retrouvé pratiquement 100 % de ses capacités, il reste à rattraper le temps perdu dans son travail, ses papiers, etc. Quel parcours avant de retrouver ses passions mises, par la force majeure, au frigo.

Bilan : je suis heureux de pouvoir dire que j’ai récupéré mon acuité légendaire à 100 % 😉

La félonne, elle, n’est plus. Basse vengeance, me direz-vous ? Mais il m’a semblé, comme à mon entourage, qu’un tel accident pouvait bien se reproduire, surtout si la belle plante, après avoir goûté le sang humain, se prenait l’envie d’y retremper ses dards.

Et pour moi, une belle leçon : L’oeil ne devrait jamais se confronter à l’objet lui-même, mais se contenter de son image.

J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux !

Vous vous demandez sans doute quel peut être l’objet de cette déclaration d’amour ?

Tout simplement l’étalon même de cette comparaison : La prunelle de mes yeux !

Si l’adage bien connu compare des choses dites importantes au symbole le plus précieux, c’est bien en raison de l’indiscutable importance de ce bien.

Que l’on me fasse sourd, ou muet s’il le faut, mais qu’on me laisse la vue.

On ne se rend pas compte, sauf à de rares occasions comme la mienne, où l’on risque de la perdre, combien la vue est d’une importance capitale dans notre vie, au point de se poser des questions sur l’inextricable proximité de ces deux mots : la vie et la vue.

De vous à moi, les yeux dans les yeux.

Mais quel rapport avec ce blog ? C’est une évidence, pour écrire, pour lire, plus encore que pour bien d’autres activités, la vue est indispensable.

Comment ferions-nous, vous, comme moi, pour lire tous ces livres merveilleux, enchanteurs, instructifs, captivants, qui nous font découvrir des univers entiers et voyager à travers le temps et les lieux, jusqu’au labyrinthe insondable de l’âme humaine ?

Comment pourrions-nous encore aligner les lettres dans un ordre magique capable de provoquer l’étonnement, la joie, le rire, le doute, la peur et toute la palette colorée des sentiments humains ?

Nos yeux sont les compagnons indispensables de nos voyages livresques et comment s’exprimer sans eux pour communiquer au monde notre message si pressant ?

Je ne vous apprends rien, certes. Mais y pensez-vous de temps en temps ? Vous imaginez-vous quelle serait votre vie d’écrivain, de lecteur… votre vie, tout court, si vous deviez vous passer de votre vue ?

Je n’y pensais pas, avant… et cela a bien changé à présent. Oh, ce n’est certainement pas une obsession, loin de là. Mais comme un réflexe salvateur, en chaque occasion où je pourrais les mettre en péril, je prends soin de les protéger.

Quelques conseils… à l’oeil

Protection Obligatoire de la Vue

N'attendez pas de voir ce sigle pour vous protéger les yeux

Si vous envisagez de pratiquer un quelconque bricolage, des lunettes de travail protégeront vos prunelles. Les montures ordinaires protègent seulement des projections directes, préférez-leur donc une version enveloppante (masque de plongée s’il le faut).

N’hésitez pas à faire de la gymnastique oculaire. Des mouvements simples et répétés tonifient les muscles de l’oeil et prolongent leur résistance à la fatigue.

Si les conditions de lecture sont insuffisantes, ne forcez pas vos yeux : disposez d’un éclairage suffisant, ni trop intense, ni trop sombre, ni à contre-jour, ni réfléchissant.

Ne fatiguez pas à l’excès votre vue. Alternez la vision de près et de loin. Espacez vos lectures par la contemplation d’un paysage. Reposez vos globes oculaires en admirant celui qui vous porte.

La lecture doit rester un plaisir. Ne faites pas souffrir vos yeux, car le jour où ils déclarent forfait, ils ne vous serviront plus qu’à pleurer.

Après les maux, revenons-en aux mots.

En espérant que mon expérience partagée vous évite le pire, je reprends à présent le fil normal de ce blog, avec le plaisir immense de pouvoir échanger avec vous ces considérations littéraires dont j’ai été trop longtemps privé.

Et maintenant, c’est à vous. Je serais curieux de savoir s’il vous arrive de prendre conscience du nombre de choses que vous ne pourriez faire si vous perdiez tout ou partie de votre vision. Réagissez à chaud dans les commentaires, car cela intéressera tout le monde. Et… au plaisir (redoublé) de vous lire.

Termes de recherche utilisés:

  • la revelation sur les yeux
  1. Sylvain Hope

    Ah oui, je me disais bien qu’il manquait de nouveaux sujets. Ça se comprend… T’as dû morfler ! C’est vrai qu’on ne pense pas assez à les protéger. J’ai déjà reçu une mouche dans l’oeil en roulant à vélo et j’ai cru tout lâcher. Mais ce n’est sans doute rien en comparaison.
    Bref, j’espère que maintenant tout ira bien. Au plaisir de lire tes sujets.

  2. Il parait qu’il est plus difficile d’être sourd que d’être aveugle, car pour les personnes sourdes la communication avec autrui est douloureusement atteinte.
    Par ailleurs, les personnes aveugles ou malvoyantes ont différentes techniques pour lire/écouter les articles de ce blog 😉
    Toutes ces nuances mises à part, il est vrai qu’il faut prendre soin de ses yeux. Une petite pause oculaire de temps en temps ne fait pas de mal !

    • Oui, j’ai déjà entendu cette opinion, que je peux comprendre sans y adhérer. Il est évident que cela dépend d’une personne à l’autre, car les humains ont une perception à prédominance plutôt auditive ou plutôt visuelle, ce qui est mon cas. Pour lire ce blog, les malvoyants disposent, c’est vrai, de quelques artifices, mais les malentendants peuvent le lire sans avoir recours à aucune astuce. 😉
      J’ajouterai, pour une touche d’humour, que quand j’entends certaines choses, il m’arrive de regretter que la nature n’ait pas eu la bonté de nous doter de paupières aux oreilles.
      En tout cas, merci pour cette intéressante remarque.

      P.-S. : D’ici quelque temps (terme délibérément vague 😉 ), j’ajouterai des podcast de mes articles, rendant ce blog vraiment accessible à tous.

  3. « De la vue naissent mille désirs ; c’est dans l’oeil, dit-on, que la gloutonnerie a son principe. »
    de Abu Shakour

  4. bonjour Thierry,
    Contente de te relire.
    Avec un ami sculpteur on se disait que ce serait terrible de perdre la vue et puis je me suis souvenue d’une rencontre avec Robert Geoffroy
    http://www.geoffroyrobert.com/meconnaitre.htm
    C’est un thérapeute merveilleux et c’est lui qui traduit les vidéos d’Ekhart Tolle sur le http://blogbug.filialise.com/. Mais c’est bien quand même de vivre avec tous nos sens!

    • Tu nous donnes là des ressources intéressantes. Je suis toujours impressionné par ceux qui arrivent à sublimer les obstacles que la majorité des humains considérerait infranchissables.
      Juste en clin d’oeil, le sculpteur peut encore exercer son art en aveugle, car il a la faculté de toucher les volumes de sa création, ce qui est bien plus difficile pour un peintre 😉

  5. Bonjour Thierry et heureuse de te retrouver en pleine forme

    Que cet accident stupide en de jolis mots est conté et oui, nous devons être attentifs à nous-mêmes et à ce qu’on fait.

    Parfois on fait une chose en pensant à une autre et le résultat … ensuite on se dit : »mais comment est-ce arrivé ? », hélas il est trop tard

    Accident bête et douloureux qui j’en suis certaine t’a permis d’apprécier cette merveille de prunelle. Quel plaisir de pouvoir VOIR de nouveau

    A très bientôt

    • Oui, les accidents stupides, ceux qui n’arrivent qu’aux autres… croit-on !
      Comme dans beaucoup de domaines, on ne prend des mesures de sécurité qu’une fois l’accident survenu.
      Mais cela a changé ma vision des choses, temporairement au sens propre, définitivement dans la vie.

  6. Bel article et oh combien utile. Il me rappelle un peu Marcel, lui aussi à la recherche du temps perdu. Proust devait avoir lui aussi de belles félonnes dans son jardin ?

    Entre Joseph Joubert, qui a dit que pour voir il faut fermer les yeux et L. de Vinci, pour qui, perdre la vue, c’est être privé de la beauté de l’univers et ressembler à un homme enterré vivant dans une sépulture, il y a un moment de réflexion.

    J’ai des yeux et je ne vois pas, a-t-il encore un sens ?

    • Comment aurait fait Marcel pour tremper ses madeleines s’il avait été privé de la vue ? Question sans réponse 😉

      J’apprécie ces belles citations très à propos. Et si pour voir il faut fermer les yeux, mon obscurité forcée m’a permis de sentir le monde autrement. On s’adapte, on mémorise les lieux, on écoute mieux… On perçoit des choses qu’on omet trop souvent lorsque la vue impose sa loi.

  7. Bonjour Thierry,

    Moi, je pense à mes yeux à tous les jours, car il y a des moments où ma vision s’embrouille plus ou moins, généralement selon la fatigue.

    La vision est à mon avis le sens le plus important.

    Je ne mets pas assez souvent en pratique les exercices de vision. Je m’y mets tout de suite.

    Amicalement,

    Sco! 🙂

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