Comment vous libérer l’esprit par les contraintes ?


 

L'angoissant syndrome de la page blanche

Le syndrome de la page blanche

Vous êtes en panne sèche ? L’inspiration ne vient pas ? Vous aimez écrire, mais vous ne savez pas par où commencer ?

C’est une situation très commune, et si elle est partagée par autant de monde depuis la nuit des temps, on peut se demander pourquoi le remède n’est pas lui aussi universellement connu. Bien entendu, les sources du « syndrome de la page blanche » sont infiniment variées, depuis le simple manque de technique jusqu’à la profonde blessure psychologique de l’enfance. Mais toutes ces sources se rejoignent en un fleuve unique qui se jette à l’embouchure de votre mer d’angoisse… Un espace infini.

Tout se résume généralement à la peur du vide.

Si vous vous donnez pour mission de remplir un espace infini à l’aide d’un petit tuyau d’arrosage, vous aurez conscience de l’incongruité de la tâche. Par où commencer ? Et puis à quoi bon ? Jamais vous ne remplirez ce vide.

Mais que l’espace se réduise à une citerne, un tonneau, un seau ou un gobelet, et la corvée devient tout à coup plus raisonnable, et surtout, réalisable. L’objectif prend alors un sens. L’espace donné est limité, on sait par où commencer et on peut même estimer quand le travail sera terminé.

Il en est ainsi pour tout, dans la vie de tous les jours, comme pour l’écrivain occasionnel ou professionnel : personne ne se sent capable de commencer une tâche infinie, qui n’aura jamais de fin, ni de milieu et dont on ne sait même pas définir le début. Vouloir combler l’infini est un désir vain et stérile.

S’emmurer pour se libérer

S'emmurer pour se libérer

S'emmurer pour se libérer

Il peut paraître paradoxal d’affirmer que s’enfermer entre 4 murs serait source de libertés. Et pourtant, dès qu’il s’agit de notre « imagination », rien n’est plus libérateur que de s’imposer des « contraintes », artificielles ou non.

C’est d’ailleurs l’une des techniques classiques utilisées en ateliers d’écritures. Plus le participant semble bloquer, plus on lui ouvre des portes en l’enfermant dans de nouvelles contraintes. Un peu comme si l’esprit que l’on veut enfermer développait des trésors d’imagination pour se libérer.

Contraindre par quelles armes ?

Inutile de pointer un revolver sur votre tempe et déclamant : « Maintenant, écris ! »

Les contraintes peuvent être douces et variées. Imposez-vous un lieu, un personnage, une époque. Contraignez-vous à utiliser certains mots, piochés au hasard, un nombre, un nom de personnage, des objets usuels… Tout est bon.

Vous manquez encore d’imagination dès qu’il s’agit de choisir les contraintes ? Votre indécision pourrait devenir un sujet de récit. Si même le choix de contraintes vous bloque, faites-vous aider. Demandez à un conjoint, un enfant, un ami, et si vous n’avez rien de tout cela, arrêtez un passant dans la rue et demandez-lui de vous contraindre. Demandez à une autre personne de vous citer 1 nom de lieu, une époque, 5 mots… Demandez à un inconnu son prénom, dans quelle voiture il roule.

 

Dictionnaire à idées

Trouver des idées dans un dictionnaire

Demandez n’importe quoi et si vous avez peur des gens, ouvrez un dictionnaire au hasard et pointez du doigt sans réfléchir, les yeux fermés. Notez le mot indiqué (après avoir rouvert vos yeux, bien sûr) et recommencez autant de fois que nécessaire.

Les grands moyens

Si vraiment vous ne vous en sortez pas tout seul, vous pouvez vous inscrire à un « atelier d’écriture » dont la vocation est précisément de proposer des consignes d’écriture. Il existe une multitude de ces ateliers, dans tous les genres, tous les styles. Il y en a pour tous les goûts. (Nous reviendrons en détail sur les ateliers dans un futur billet)

Enfin, vous pouvez aussi en parler sur un blog spécialisé, comme celui-ci. D’ailleurs, nous allons mettre cela en pratique dès à présent. Nous allons faire deux choses :

a) Pour ceux qui douteraient du pouvoir des contraintes, je vous propose de me donner immédiatement en commentaire 5 mots communs et deux noms de personnages célèbres (film, BD, histoire, séries, héros de roman, tout ce qui vous passe par la tête).

D’ici une semaine, je choisirai l’une de vos propositions et j’écrirai une courte histoire que je vous présenterai alors sur ce blog.

b) Pour ceux qui le désirent, je peux aussi fournir des contraintes au hasard, en fonction de votre profil. Faites une demande en commentaire à la fin de cet article.

Nous avancerons de concert, vous et moi. Vous pouvez donc me donner des contraintes pour me mettre à l’épreuve, ou au contraire me demander des contraintes pour vous libérer l’esprit.

Prêts pour ce défi ? Allez-y, c’est à vous ! Et bon amusement 😉

 


  1. Petit défi pour toi, je crée des mini-histoires, je te propose d’écrire un épisode d’Apocalypse TV Show, l’univers est assez large. Si j’aime, je te publie sur mon blog en mentionnant ton site…. http://montishow.blogspot.com/p/apocalypse-tv-show.html

    Prêt à relever le défi?

  2. Bonjour !
    mes contraintes je les ai déjà, cela tombe bien alors !
    un articles pour le carnavals d’aricles dont le thème est précisé et un autre pour un e.book collectif
    Le tout avant des dates précises.
    C’est parfait alors, juste ce qu’il me fallait.
    Par contre où faut-il s’inscrire ur votre blog ,
    Elisabeth Andrey alias Elisandre

    • Le carnaval d’articles, je vois cela très prochainement.
      Pour l’inscription, je dois encore y penser… très vite, vu le grand nombre de commentaires 🙂
      A bientôt

  3. Sylvain Hope

    Étonnant, mais très perspicace !
    Je suis curieux de voir ou tout cela peut mener, mais la réflexion est intéressante… Je vais suivre ça de près afin de vérifier si ça peut m’aider.
    En tout cas, tous mes voeux de réussite dans cette entreprise audacieuse.

  4. Je n’ai pas de blog, j’apprends à d’autres à écrire — je crois —, (je suis prof de français), j’adore les mots : à l’oral, ou sur Facebook, je suis capable de partir au quart de tour, de broder, de rebondir, de jouer, de lier, mais dès que je suis seule, même si je sens tout un monde grouiller en moi, que je me connais de réelles capacités d’analyse : c’est le vide… J’aime l’humour, l’ironie, l’émotion dans la légèreté et vice-versa, la dérision et l’autodérision, l’humanité…Mes auteurs de prédilection : Irving, Kundera, Benacquista, Tournier, Vian… et beaucoup d’autres. Je ne sais pas si c’est ce genre de commentaire que vous attendiez, mais j’aimerais que vous me donniez quelques consignes, ainsi que vous le proposez, pour qu’enfin j’ose écrire. Merci de faire exister ce site (ou blog, je ne connais pas trop la différence).

    • Bonjour Brigitte,

      Les situations qui vous poussent à réagir à l’oral ou à l’écrit, et la richesse des manières de les aborder (l’humour, j’aime tant cela) indiquent que vous êtes armée pour écrire. Cette capacité peut avoir difficile à s’exprimer pour diverses raisons. Les plus courantes sont « écrire pour raconter quoi ? », d’une part, et « mes idées débordent, mais quelque chose fait barrage au torrent », d’autre part.

      Pour les blocages les plus courants, vous trouverez des pistes dans le petit guide gratuit (7 secrets pour enfin noircir cette satanée page blanche), disponible sur ce blog. Identifier les barrières suffit souvent à les lever.

      Quant au « monde qui grouille en vous », trop de voix veulent peut-être s’exprimer en même temps. Et leur donner la parole, chacune son tour, permettrait sans doute de mieux les comprendre. N’essayez pas de tout exprimer en une fois, personne n’y arriverait.

      L’autre mauvais sort (l’absence de sujet) peut se conjurer par l’auto-dérision que vous mentionnez… Pourquoi ne pas repenser à votre combat devant la page blanche et le décrire par des traits d’humour ? Esquissez-vous en train de procrastiner, de chercher d’autres vaines occupations pour reporter sans cesse le moment tant attendu d’écrire.
      Cela peut être très drôle et tourner ses peurs en dérision en relativise la portée.

      Cette approche vous tenterait-elle pour commencer ?

  5. Bonjour,
    rien n’est plus libérateur que de s’imposer des « contraintes » c’est également vrai en peinture, mais voilà, je dois écrire une petite histoire de chat pour mon petit fils, j’ai fait les illustrations, mais je bloque pour l’écriture !
    Mes mots:Le chat botté, l’ogre, noir, blanc, ombre, lumière, sœur. Voilà, je vais essayer maintenant que j’ai posé mes contraintes !Merci

    • Une histoire de chat pour enfant ? Chouette. J’écris des histoires pour mon fils et j’envisage d’en faire des recueils illustrés. Problème, je ne suis pas illustrateur. Avis aux amateurs 😉
      En tout cas, j’aimerais savoir si avoir posé des contraintes t’a permis d’avancer sur ton histoire.

  6. Bonjour Thierry, alors à la base j’ai crée un blog pour gagner de l’argent et puis j’ai découvert que j’aimais écrire, donc j’écris simplement pour le plaisir d’écrire. Ecrire me fait du bien, j’écris quand j’en ressens le besoin, c’est une connexion douce avec une autre partie de moi. Je ne force rien, si ça ne coule pas c’est que ce n’est pas le bon moment pour moi, alors j’y reviens plus tard, quand j’y repense. Sinon c’est vrai que de participer à des évènements, style croisée des blogs est intéressant car il y a un article de lancement qui vous met dans le bain.

    zenie

    • Écrire, c’est avant tout s’exprimer. Qui n’aimerait pas s’exprimer ? L’écriture est salvatrice. Je ferai une série d’articles sur les diverses motivations « classiques » de ceux qui écrivent. 🙂

  7. Bonjour Thierry,
    Je crois que les petites contraintes aident
    à lancer l’imagination.
    En écrivant toi-même un petit texte « à contraintes », tu donnes l’exemple que les autres peuvent suivre avec leurs mots et avoir ainsi l’impression d’avoir écrit quelque chose de bien !

    • … Et si les autres veulent suivre activement, ils peuvent utiliser ton texte comme contrainte de départ pour le leur, et ainsi de suite. Cadavre exquis, et autres oeuvres créatives en commun.
      Les jeux d’écriture sont sans limites.

  8. Bonjour Thierry,
    Que voilà un beau défi…
    Mes 5 noms communs : tasse, souris, lampe, piano, cheveux
    Les deux noms célèbres : Einstein et Obama
    À bientôt !

  9. Salut Thierry,

    Je trouve toutes ces idées excellentes, mais je voulais juste faire une petite réflexion.

    D’abord, je suis sûr qu’en s’imposant ces contraintes il y a effectivement moyen de jouer avec sa plume (ou avec son clavier) mais écrire 2 pages, sur Napoléon par exemple, c’est une chose, mais peut-être pas trop productif si on veut écrire un bouquin sur le jardinage.

    Maintenant, je vois que sur certains blogs, je peux me lancer dans des commentaires dithyrambiques en ayant lu la première phrase seulement.

    C’est vrai que parfois, un mot suffit.

    Mais pour écrire une œuvre longue et structurée, je crois qu’il faut laisser venir les choses comme elles viennent, sans se forcer ni courir à tout prix derrière l’inspiration (ok, difficulté d’organiser son planning; si on a un coup d’inspiration, faut y aller).

    Enfin, je me trompe peut-être, mais chacun son truc sans doute.

    En attendant, voilà les quelques mots demandés:

    Tortue, hélicoptère, ordinateur, débile, blog.

    Les deux personnages célèbres: Raymond Devos, Louis De Funes.

    Mais pourquoi pas un petit concours ouvert aux lecteurs, en imposant, par exemple, des contraintes qui permettraient peut-être de faire plus court?

    @+
    Christian.

    • Bonne remarque.
      Il est clair que faire des jeux d’écriture, écrire un essai ou un roman ont des approches distinctes.
      Si on veut écrire un livre pour le jardinage, on ne va pas s’imposer des mots comme Napoléon (sauf s’il existe une variété de rose qui porte ce nom 😉 ).
      Mais si on cale, les contraintes peuvent être choisies « dans le domaine concerné » histoire d’amorcer la pompe à idées.
      La technique doit s’adapter au contexte, sauf quand on joue, où tout est bon.
      J’ai participé un jour à un appel à texte qui devait parler de chocolat, dans un contexte de science-fiction. J’avais l’idée, le fil conducteur (les consignes étaient déjà déjà des contraintes), mais pour démarrer l’écriture, je me suis imposé une contrainte de plus : ma nouvelle devrait impérativement commencer et se terminer par le mot « chocolat ». Et ce fut fait 🙂

  10. Bonjour,

    autant je connaissais l’idée de scinder un grand projet en plusieurs petites tâches facilement réalisables, autant je ne connaissais pas la notion de contraintes. C’est très intéressant, et drôle à la fois.

    Merci.

    • Bonjour,
      morceler un projet en petites tâches est propre à la notion de gestion de jobs. Et écrire un texte, quelle que soient sa teneur et sa longueur est une tâche en soi.
      Quand le démarrage est difficile, toutes les techniques sont bonnes à prendre.

  11. Je ne sais pas quoi penser de ces contraintes ! moi je vais faire une ballade à pied, et forcémment, j’ai une idée qui me vient.

    Bon alors en contraintes pour ta future histoire :
    singe, crispation, tarte, eau, brosse
    Churchill-Victor Hugo

    Bon courage !

    • Pour ne pas se noyer dans le vide, on utilise les contraintes.
      Dans la vie de tous les jours, les contraintes sont naturelles, automatique. Quand on est motivé, lorsqu’on a quelque chose à dire, les contraintes sont là !
      Quand tu te promènes dans la nature et que les idées te viennent naturellement, ce sont des contraintes, des consignes. Tu as une motivation, un sujet, des idées…
      Les contraintes « naturelles » le sont à ce point qu’on ne se rend pas compte qu’elles s’imposent à nous… naturellement.
      Les contraintes « artificielles » dont je parle dans l’article ne sont utiles que dans le cas où les contraintes naturelles ne suffisent pas.

      Je prends tes mots et je reviens avec un texte… 🙂

  12. Merci à tous, les amis, pour vos commentaires qui font avancer la réflexion.
    Je vais temporairement interrompre l’appel à défis, sinon, je passerai plus de temps à écrire des textes à contraintes que sur les articles de mon blog 😉

  13. Bonjour Thierry !
    Un petit message juste pour vous remercier d’écrire si bien et de le partager. Votre historiette pour le Montishow est un vrai bonbon 😀

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